(ABC Bourse) – Coup de froid pour Michelin à la Bourse de Paris. Ce mercredi 21 octobre 2026, l’action du fabricant français de pneus plonge de 5,99 %, à 31,26 euros, et figure parmi les plus fortes baisses du CAC 40. Une dégringolade qui intervient au lendemain de la publication de ses résultats commerciaux, pourtant marqués par une accélération de l’activité au troisième trimestre.
Mardi soir, Michelin a annoncé un chiffre d’affaires de 19,2 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de 2026. Le groupe affiche une progression de 1 % à parité et change constants, mais celle-ci se limite à 0,1 % à périmètre et changes constants. Des chiffres qui ne suffisent pas à convaincre les investisseurs, particulièrement attentifs à l’évolution des volumes de pneus vendus.
Des ventes de pneus qui déçoivent les analystes
Derrière la progression du chiffre d’affaires, les résultats de Michelin révèlent une difficulté persistante. Depuis janvier, les volumes de pneus commercialisés ont reculé de 0,8 %. Le groupe souffre principalement de la faiblesse des ventes de première monte, c’est-à-dire des pneumatiques destinés à équiper les véhicules neufs.
Cette baisse explique une bonne partie de la réaction des marchés. Selon Jefferies, la croissance du chiffre d’affaires au troisième trimestre atteint 3,9 %, alors que les analystes tablaient sur une hausse de 4,9 %. Un écart d’un point de pourcentage qui provient essentiellement de volumes de ventes inférieurs aux prévisions.
Michelin peut pourtant compter sur la montée en gamme de ses produits pour soutenir son activité. L’effet prix-mix ressort positif de 1,1 %, avec une contribution de 1,6 % liée à l’évolution de la gamme de produits vendus et à la marque Michelin. Autrement dit, la composition des ventes contribue favorablement au chiffre d’affaires, sans parvenir à compenser toutes les difficultés rencontrées sur les volumes.
Les acquisitions réalisées par le groupe apportent également leur contribution. L’intégration de Cooley Group, Flexitallic et TecTech génère un effet périmètre positif de 0,9 %. À l’inverse, les fluctuations monétaires ont pénalisé les comptes à hauteur de 1,6 %, sous l’effet de la dépréciation du dollar américain au premier semestre.
Jefferies et Citi maintiennent leurs objectifs de cours
La forte baisse de l’action ne s’accompagne pas d’une révision des ambitions financières du fabricant de pneus. Michelin confirme ses prévisions pour l’ensemble de l’année 2026 et continue de viser une progression de son résultat opérationnel des secteurs par rapport à 2025, à taux de change et périmètre constants.
Le groupe conserve également son objectif de cash-flow libre avant opérations de fusions-acquisitions, attendu au-dessus de 1,6 milliard d’euros. Cette confirmation intervient alors que les investisseurs viennent de sanctionner une publication trimestrielle jugée moins bonne que prévu.
Du côté des analystes, Jefferies considère les derniers chiffres comme légèrement négatifs, principalement en raison de la faiblesse des volumes. La banque estime toutefois que les attentes du marché sont désormais trop basses. Elle maintient donc sa recommandation à l’achat sur Michelin, avec un objectif de cours fixé à 40 euros, correspondant à un potentiel de hausse d’environ 20 % selon son analyse.
Même position chez Citi, qui conserve également son conseil d’achat, assorti d’un objectif de 39 euros. Les analystes de la banque avaient déjà anticipé la confirmation des perspectives annuelles du groupe. Leur principale interrogation concernait plutôt la capacité de Michelin à renouer avec une contribution positive de toutes les composantes de l’évolution de son chiffre d’affaires, une situation que le fabricant n’a plus connue depuis plusieurs années.
Pour Citi comme pour Jefferies, les volumes de pneus restent donc au centre des préoccupations, malgré l’amélioration de l’activité au troisième trimestre et le maintien des objectifs financiers pour 2026.
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