(Agefi-Dow Jones)–Netflix a présenté jeudi soir des
résultats en hausse au premier trimestre, mais a déçu le
marché avec des prévisions inférieures aux attentes pour
le trimestre en cours.
Le géant du streaming a également annoncé le départ
de son président du conseil et cofondateur Reed Hastings. L’homme
à l’origine du virage vers le streaming dans les années 2000 a
indiqué qu’il ne solliciterait pas le renouvellement de son mandat
d’administrateur en juin, afin de se consacrer à d’autres
activités comme la philanthropie.
Dans le sillage de cette publication, la première depuis
l’échec du projet de rachat des studios Warner Bros et de HBO Max,
l’action Netflix chutait de 9% à Wall Street dans les échanges
post clôture.
Pour le trimestre en cours, Netflix table sur un bénéfice
ajusté par action de 78 cents et sur un un chiffre d’affaires de
12,57 milliards de dollars. Les analystes interrogés par FactSet
tablaient sur un bénéfice de 84 cents par action et un chiffre
d’affaires de 12,64 milliards de dollars.
Le groupe a toutefois confirmé ses prévisions pour l’ensemble
de l’exercice et a précisé que les pressions sur ses marges
attendues au deuxième trimestre s’expliquaient par des coûts
de programmation davantage comptabilisés en première partie
d’année.
Au titre du trimestre écoulé, Netflix a profité de la
croissance du nombre de ses abonnés, du relèvement du prix de
ses abonnements et de revenus publicitaires en hausse. Le chiffre
d’affaires a augmenté de 16%,à 12,25 milliards de dollars.
Le résultat net s’inscrit en hausse de 83%, à 5,28 milliards
de dollars, soit 1,23 dollar par action, gonflé par
l’indemnité de 2,8 milliards de dollars perçue au titre de la
rupture de l’accord avec Warner.
En mars, la plateforme a relevé le prix de ses différents
abonnements aux Etats-Unis. L’offre comprenant des messages
publicitaires coûte désormais 8,99 dollars par mois,
l’abonnement classique 19,99 dollars et le plan premium avec une image
en haute définition sur 4 écrans simultanés 26,99
dollars.
Le président du conseil Reed Hastings a indiqué qu’il
démissionnerait à l’issue de son mandat d’administrateur en
juin. Ce départ marque la fin d’une époque pour Netflix, alors
que Reed Hastings a transformé l’ancienne chaîne de location
de DVD par courrier en rival sérieux des plus grands studios
d’Hollywood .
« Ma contribution réelle à Netflix ne se résume pas à
une seule décision », a déclaré le dirigeant de 65 ans
dans une lettre aux actionnaires, en disant avoir voulu « mettre l’accent
sur la joie des membres et la création d’une culture que d’autres
pourraient prolonger et améliorer ».
Le groupe a consacré plusieurs mois cet hiver à essayer de
mettre la main sur les studios Warner et sur la plateforme de streaming
HBO Max. L’accord de 72 milliards de dollars conclu en décembre
avec Warner Bros. Discovery devait lui permettre de muscler sa
production de films et d’étoffer son catalogue.
Mais le numéro un du streaming a fini par renoncer à ce projet
en février en réaction au relèvement de la contre-offre
de Paramount Skydance pour l’ensemble de Warner Bros. Discovery, qui
valorisait ce dernier à 31 dollars par action, soit 81 milliards de
dollars.
Contrairement à celle de Netflix, l’offre de Paramount porte
également sur les chaînes de télévision par
câble du groupe et a été jugée supérieure par
Warner.
« Warner Bros. aurait constitué un accélérateur
appréciable pour notre stratégie, mais seulement au bon prix »,
a souligné Netflix jeudi dans un communiqué.
De son côté, Paramount a réglé les 2,8 milliards de
dollars de frais de rupture que Warner devait à Netflix au titre de
l’accord conclu en décembre.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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