More
    AccueilTech🌋 On n'avait rien compris aux supervolcans

    🌋 On n’avait rien compris aux supervolcans


    Depuis longtemps, les supervolcans sont décrits comme d’immenses réservoirs de magma liquide. Pourtant, les recherches récentes proposent une image bien différente. Les scientifiques évoquent désormais des réseaux de roches partiellement fondues, étalés sur de grandes profondeurs, sans véritable chambre magmatique liquide.

    L’étude publiée dans Science s’appuie sur un modèle tridimensionnel de l’ouest nord-américain. Les chercheurs y simulent les interactions entre la lithosphère et le manteau. Ils montrent que ces deux couches coopèrent étroitement pour organiser la circulation du magma. Cette approche nous explique notamment le fonctionnement du célèbre site de Yellowstone.


    Comparaison entre une chambre magmatique classique et un système diffus de magma mush traversant la lithosphère.
    Crédit: Image par le groupe de LIU Lijun

    Au cœur de cette nouvelle description se trouve le « magma mush ». Il s’agit d’un mélange épais, composé à la fois de roche solide et fondue. Contrairement à un liquide fluide, ce matériau circule difficilement. Sa progression nécessite des contraintes importantes, ce qui explique la lenteur des processus en jeu.

    Les scientifiques situent l’origine du magma dans l’asthénosphère peu profonde. Cette couche ductile alimente progressivement les régions supérieures. Un lent courant horizontal, qualifié de vent du manteau, transporterait la matière chaude vers l’est. Ce déplacement joue un rôle déterminant dans l’alimentation des systèmes volcaniques.

    Lorsque ce flux rencontre une lithosphère plus épaisse, il est contraint de s’enfoncer. Cette compression déclenche une fusion par décompression, générant du magma. Le phénomène s’accompagne de forces mécaniques qui déforment les roches environnantes. Peu à peu, des chemins inclinés se forment, facilitant la remontée du magma.


    Formation du système magmatique de Yellowstone sous l’effet des mouvements du manteau et des contraintes lithosphériques.
    Crédit: Image par le groupe de LIU Lijun

    Ce mécanisme influence directement la structure des systèmes volcaniques. Les contraintes combinées ouvrent des voies à travers la croûte terrestre. Le magma ne s’accumule donc pas immédiatement en une chambre unique. Il s’organise plutôt en un réseau évolutif, façonné sur de longues périodes.

    Yellowstone illustre particulièrement bien ce modèle. Le site abriterait une vaste zone de magma mush s’étendant à travers la lithosphère. Une poche plus liquide, semblable aux anciennes descriptions, n’apparaîtrait que temporairement. Elle se formerait peu avant une éruption, puis disparaîtrait rapidement.

    Ces travaux offrent une vision unifiée du fonctionnement des supervolcans. Ils relient les mouvements profonds du manteau aux phénomènes observés en surface.



    Techno-science

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Must Read

    spot_img