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    Stellantis chute en Bourse, emporté par les doutes sur la solidité de son redres



    bourse Stellantis

    (Actualisation: précisions sur les résultats, commentaires
    d’analystes et cours de Bourse)

    Stellantis accuse une des plus fortes baisses
    de l’indice CAC 40 jeudi, alors que le marché doute de la
    solidité du redressement engagé par le constructeur
    automobile. Derrière l’amélioration des résultats, les
    investisseurs se focalisent sur une série de signaux encore
    préoccupants, comme une consommation de trésorerie toujours
    élevée et une dynamique décevante en Amérique du
    Nord, qui entament la perspective d’une renaissance en Bourse.

    Vers 14h10, le titre chutait de 4,3%, à 6,36 euros.

    Sur le papier, Stellantis a pourtant ouvert l’exercice 2026 sur une note
    plus favorable. Pour les trois premiers mois de l’année, le groupe
    a réalisé un bénéfice net de 377 millions d’euros,
    contre une perte nette de 387 millions d’euros lors de la période
    correspondante de 2025. Ce retour aux bénéfices a notamment
    été permis par une hausse de 6% du chiffre d’affaires au
    premier trimestre, à 38,13 milliards d’euros. Ce dernier indicateur
    a été porté par l’augmentation de 12% des livraisons du
    groupe, à 1.361.000 unités.

    En outre, Stellantis est parvenu à multiplier par près de
    trois en un an son résultat opérationnel courant, à 960
    millions d’euros au premier trimestre. La marge correspondante est ainsi
    ressortie à 2,5% au 31 mars dernier, contre 0,9% un an plus
    tôt, signe que les premières mesures engagées commencent
    à produire des effets. Mais cette amélioration,
    essentiellement tirée par les volumes et certains effets favorables
    ponctuels, ne suffit pas à valider la robustesse du redressement.

    + Consommation excessive de trésorerie +

    La consommation de trésorerie demeure au coeur des
    préoccupations, en particulier vis-à-vis d’un groupe
    engagé dans une transformation industrielle coûteuse. Le flux
    de trésorerie industriel a été négatif à
    hauteur de 1,92 milliard d’euros au premier trimestre 2026, alors qu’il
    était attendu négatif à hauteur d’environ 1,3 milliard
    d’euros par les investisseurs, selon Oddo BHF. JPMorgan souligne ainsi
    que, malgré l’amélioration des indicateurs opérationnels,
    le groupe « continue de brûler de la trésorerie », ce qui
    traduit « la nécessité d’un redressement plus structurel de la
    rentabilité ».

    Dans le même temps, la dynamique de Stellantis en Amérique du
    Nord, région clé pour sa rentabilité, entretient le
    scepticisme. UBS met en avant les réalisations décevantes du
    propriétaire des marques américaines Jeep et Dodge dans cette
    zone géographique, où sa marge opérationnelle courante a
    atteint 1,6% seulement lors du trimestre écoulé. Ce taux
    aurait même tendu vers 0% hors éléments non
    récurrents, remarque l’intermédiaire financier.

    Cette faiblesse est d’autant plus scrutée que l’Amérique du
    Nord constitue le principal pilier du groupe né au début 2021
    de la fusion entre Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA). Cette
    région a contribué plus que n’importe quelle autre à la
    croissance du chiffre d’affaires du groupe au premier trimestre de
    l’année et représente historiquement la majeure partie de sa
    rentabilité. Dans ce contexte, toute dégradation, même
    ponctuelle, des marges dans cette zone affaiblit mécaniquement
    l’ensemble du scénario de redressement.

    Au-delà de ces points, c’est aussi le tempo du redressement qui
    interroge. Si certains indicateurs de la santé financière de
    Stellantis s’améliorent, ils ont été en partie soutenus
    par des éléments non récurrents, comme des ajustements
    liés aux tarifs douaniers aux Etats-Unis.

    + Rendez-vous le 21 mai +

    Cette perception est renforcée par l’analyse d’Oddo BHF, qui se
    montre prudent face aux annonces de Stellantis. Les résultats du
    trimestre écoulé confirment que le redressement de
    l’entreprise « prendra du temps » et ils « pourraient tempérer les
    espoirs d’une reprise rapide, notamment en Amérique du Nord »,
    commente Michael Foundoukidis, son analyste en charge du secteur
    automobile. Les dirigeants doivent encore apporter « des preuves
    tangibles » d’une bonne exécution de la stratégie, « tout en
    comblant l’écart technologique et en matière de produits » avec
    la concurrence, « malgré des investissements à court terme
    limités par des contraintes de bilan », poursuit-il.

    La confirmation des objectifs financiers pour 2026 ne suffit donc pas
    à lever les réserves sur la crédibilité du
    scénario de normalisation des marges. Stellantis prévoit
    toujours une amélioration cette année de son chiffre
    d’affaires, de sa marge opérationnelle courante et de son flux de
    trésorerie industriel, par rapport à 2025. En 2026, la
    croissance du chiffre d’affaires devrait avoisiner 5% (« mid-single
    digit ») sur un an, tandis que la marge opérationnelle courante
    devrait atteindre un niveau bas à un chiffre (« low-single digit »),
    a précisé l’entreprise.

    Les investisseurs semblent considérer que ces ambitions restent
    fragiles au regard des défis opérationnels et financiers
    encore visibles, notamment dans un environnement sectoriel marqué
    par des pressions concurrentielles accrues et des investissements
    toujours lourds dans l’électrification des véhicules. L’an
    passé, le chiffre d’affaires du groupe s’est établi à
    153,5 milliards d’euros, en baisse de 2% par rapport à l’exercice
    précédent, sa perte opérationnelle courante est ressortie
    842 millions d’euros, contre un résultat opérationnel courant
    de 8,65 milliards d’euros en 2024, et son flux de trésorerie
    industriel a été négatif à hauteur de 4,53 milliards
    d’euros.

    La défiance du marché à l’égard des annonces de
    Stellantis traduit ainsi une exigence accrue vis-à-vis de ses
    dirigeants, alors que le groupe s’est engagé dans une phase de
    transition stratégique. L’attention des investisseurs se tourne
    désormais vers le 21 mai prochain, date à laquelle le
    directeur général Antonio Filosa, aux commandes de
    l’entreprise depuis juin dernier, doit détailler sa feuille de
    route pour les années à venir. Ce rendez-vous est perçu
    comme un moment décisif pour clarifier les priorités de
    Stellantis, détailler les leviers de redressement et, surtout,
    convaincre de la capacité du groupe à restaurer durablement sa
    rentabilité tout en finançant sa transformation industrielle
    et technologique.

    COMMUNIQUES FINANCIERS DE STELLANTIS:

    https://www.stellantis.com/fr/actualite/communiques-de-presse

    Agefi-Dow Jones The financial newswire


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