More
    AccueilStrategyVedette🌾 Quand les pesticides « ordinaires » favorisent les cancers

    🌾 Quand les pesticides « ordinaires » favorisent les cancers


    65 lectures

    pesticides-epandage-foret
    Epandage de pesticides en lisière de forêt à Rambouillet
    © Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info – Licence : Tous droits réservés

    Pendant des années, les scientifiques ont étudié les pesticides un par un pour évaluer leur danger pour la santé humaine. Mais dans la réalité, personne n’est exposé à une seule molécule : les populations sont confrontées à des mélanges complexes de produits chimiques présents dans l’eau, les sols ou les aliments. Une nouvelle étude publiée en 2026 apporte un éclairage inédit sur ces expositions cumulées — et leurs possibles effets sur le cancer.

    Pour comprendre ces phénomènes, des chercheurs ont étudié le cas du Pérou. Ils ont développé un modèle informatique très détaillé capable de cartographier la dispersion de 31 pesticides agricoles dans l’environnement sur plusieurs années. Ensuite, ils ont comparé cette carte d’exposition à une immense base de données regroupant plus de 150 000 cas de cancer enregistrés entre 2007 et 2020.

    Le résultat est frappant : dans certaines régions identifiées comme très exposées aux pesticides, le risque de développer certains cancers peut être jusqu’à deux à huit fois plus élevé que dans les zones moins contaminées.

    Le danger des « cocktails » chimiques

    Un point clé de l’étude : aucun des pesticides étudiés n’est officiellement classé comme cancérogène par l’OMS. Pourtant, les chercheurs observent un lien entre leur présence combinée et l’augmentation de certains cancers.

    Cela suggère que les mélanges de substances pourraient être plus dangereux que chaque molécule prise isolément, un phénomène encore peu pris en compte dans les réglementations sanitaires.

    Des effets invisibles dans les cellules

    Les scientifiques ont aussi analysé des tissus humains pour comprendre ce qui se passe dans l’organisme. Ils ont découvert que l’exposition chronique aux pesticides peut perturber le fonctionnement normal des cellules, notamment celles du foie, organe chargé de filtrer les substances chimiques. Ces perturbations apparaissent avant même l’apparition d’un cancer :

    • les programmes génétiques qui maintiennent l’identité des cellules sont désorganisés ;
    • les mécanismes qui protègent les tissus contre les anomalies deviennent plus fragiles ;
    • les cellules deviennent plus sensibles à d’autres facteurs de risque, comme les infections ou l’inflammation.

    En d’autres termes, certains pesticides pourraient préparer le terrain pour le cancer, sans provoquer directement de mutations génétiques.

    Des populations particulièrement exposées

    L’étude montre que certaines populations rurales ou autochtones sont exposées à un nombre élevé de pesticides simultanément.

    Dans les analyses de cheveux réalisées par les chercheurs, certaines personnes présentaient en moyenne une douzaine de pesticides différents dans leur organisme. Ces populations vivent souvent dans des régions agricoles intensives, où la déforestation et l’utilisation massive de produits chimiques augmentent l’exposition environnementale.

    Un problème potentiellement mondial

    Même si les recherches ont été menées au Pérou, les auteurs soulignent que le phénomène pourrait exister dans de nombreuses régions agricoles du monde.

    Le changement climatique pourrait même aggraver la situation : des phénomènes météorologiques comme El Niño peuvent modifier l’usage des pesticides et leur dispersion dans l’environnement.

    Vers une nouvelle manière d’évaluer les risques

    L’étude remet, une nouvelle fois en question une idée dominante en toxicologie : celle selon laquelle il suffit d’évaluer la dangerosité d’une substance à la fois. Les chercheurs appellent désormais à :

    • mieux étudier les expositions réelles aux mélanges chimiques,
    • intégrer les facteurs environnementaux et sociaux,
    • développer de nouveaux outils pour cartographier les risques sanitaires liés à l’environnement.

    Cette recherche montre que l’exposition chronique à des mélanges de pesticides, même considérés individuellement comme peu dangereux, pourrait favoriser certains cancers en perturbant silencieusement le fonctionnement des cellules.


    CC BY-NC-ND Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification



    Source link

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Must Read

    spot_img