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    🐋 Découverte d’un immense cimetière de baleines, long de 1200 km


    Un cimetière de baleines long de 1 200 kilomètres vient d’être mis au jour dans l’océan Indien. Cette nécropole, située dans la zone Diamantina, renferme des centaines de fossiles vieux de plusieurs millions d’années, ainsi que des carcasses encore en décomposition. Une telle concentration de restes de cétacés n’avait jamais été observée auparavant.

    Grâce au submersible Fendouzhe, les chercheurs ont exploré les fonds marins entre 4 200 et 7 000 mètres de profondeur. En 32 plongées, ils ont ainsi repéré 476 fossiles et cinq carcasses récentes, appelées «  chutes de baleines  ». On dénombre jusqu’à 2 840 organismes par mètre carré autour des carcasses.


    a – Crâne partiellement détruit et mandibule articulée d’une baleine à fanons.
    b – Vertèbres lombaires et caudales articulées d’une baleine à bec.
    c – Squelette désarticulé d’un cétacé indéterminé.
    d – Vertèbres fragmentaires d’un cétacé indéterminé.
    e – Os crâniens fragmentaires d’une baleine à fanons.
    L’extérieur de ces squelettes est principalement occupé par la mégafaune commune des substrats durs, comme l’anémone de mer pédonculée Galatheanthemum profundale (flèches jaunes) et l’étoile de mer Freyastera sp. (flèches orange).
    Échelle: 20 cm.

    La plus grande carcasse mesure 5 mètres de long et appartient à un rorqual de l’Antarctique. La majorité des restes proviennent cependant de baleines à bec, des cétacés encore peu étudiés car ils vivent au large et plongent très profondément. Les fossiles les plus anciens remontent à environ 5,3 millions d’années.

    Les bactéries qui se développent sur les carcasses sans lumière ni oxygène produisent du sulfure d’hydrogène. Cette source d’énergie attire une faune variée : méduses, ophiures, vers mangeurs d’os et mollusques bivalves. La plupart de ces espèces sont probablement nouvelles pour la science, car seules quelques-unes ont pu être identifiées avec certitude.

    Ce site exceptionnel montre comment les baleines à bec ont évolué sur des échelles de temps géologiques, avec des espèces disparues côtoyant des espèces encore vivantes.

    Plusieurs explications ont été avancées pour comprendre une telle accumulation de cadavres. La zone pourrait être un terrain de chasse idéal pour les baleines à bec, riche en poissons et calmars. La topographie en V du canyon pourrait aussi concentrer les carcasses qui coulent. Enfin, la sédimentation extrêmement lente permet aux os de rester exposés pendant des centaines de milliers d’années, voire des millions.


    Répartition des fossiles et carcasses dans la zone Diamantina. Les points orange indiquent les sites observés. Crédit : Wiley, sous licence CC BY 4.0

    Des «  nécropoles  » similaires pourraient exister au large de l’Afrique du Sud, de la péninsule ibérique et des îles Crozet et Kerguelen. Des fossiles y ont déjà été découverts par hasard lors de chalutages.

    Les chutes de baleines

    Quand une baleine meurt et coule au fond de l’océan, son corps devient un écosystème temporaire. Ce phénomène, appelé «  chute de baleine  », se déroule en plusieurs étapes.

    D’abord, les charognards comme les requins et les poissons consomment les chairs molles. Ensuite, des bactéries spécialisées décomposent les graisses et les os en produisant du sulfure d’hydrogène. Ce composé chimique sert de source d’énergie à des communautés uniques d’invertébrés, comme les vers vestimentifères ou les moules.

    Une seule carcasse peut nourrir des centaines d’espèces pendant des décennies, faisant des chutes de baleines des oasis de vie dans les profondeurs marines.


    Une baleine de 5 mètres sur le fond marin, abritant 26 espèces d’invertébrés.
    Crédit : Global TREnD, IDSSE

    Les baleines à bec

    Les baleines à bec forment une famille de cétacés énigmatiques. Leur museau allongé leur a valu leur nom. Elles vivent dans les océans ouverts et plongent à des profondeurs vertigineuses pour chasser des calmars et des poissons. Leur durée de plongée peut dépasser une heure.

    Très discrètes, elles sont rarement observées en surface, ce qui rend leur étude difficile. Les fossiles découverts dans la zone Diamantina montrent que des espèces actuelles et éteintes coexistaient dans cette région. Leurs rostres, extrêmement denses, se conservent mieux que le reste du squelette, permettant aux paléontologues de retracer leur évolution sur plusieurs millions d’années.



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