Une équipe de recherche menée par une chercheuse du CNRS est parvenue pour la première fois à confirmer précisément l’âge de représentations pariétales de la grotte de Font-de-Gaume (Les Eyzies), selon des travaux parus le 9 mars 2026 dans la revue PNAS.
Jusqu’à présent, il était en effet impossible de dater avec certitude l’art pariétal paléolithique des grottes de la région grâce au carbone 14, y compris celles de Lascaux, les peintures étant réputées ne contenir que des oxydes de fer et de manganèse. Pour autant, jamais aucune étude n’avait confirmé l’absence de carbone.

© TU Delft, Matthias Alfeld.
Pour effectuer cette vérification, les scientifiques se sont intéressés à la composition chimique de deux dessins noirs, représentant un bison et un masque, en ayant recours à la microspectrométrie Raman et à l’imagerie hyperspectrale. Ces méthodes non-invasives ont permis de révéler des traces de charbon de bois dans les pigments noirs. La présence uniforme de charbon sur l’ensemble des tracés noirs des figures a exclu l’hypothèse d’une contamination liée aux graffitis ou à l’activité touristique dans la grotte.
Des micro-prélèvements ont été autorisés exceptionnellement pour la datation au carbone 14. Bien que cette datation soit difficile à réaliser sur si peu de matière, des analyses ont confirmé une datation au Paléolithique supérieur, un peu plus jeune que jusqu’alors estimé: le bison aurait été peint entre 13 461 et 13 162 calBP, tandis que différentes parties du masque auraient été peintes entre 8 993 et 8 590 calBP, 15 981 et 15 121 calBP, ainsi qu’entre 15 297 et 14 246 calBP.
Grâce à cette nouvelle méthodologie d’analyse, les scientifiques espèrent obtenir la datation précise d’autres figures paléolithiques, ouvrant la voie à une meilleure compréhension de l’art pariétal et des populations qui en sont à l’origine.
