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Chaque année, depuis 2001, le Mont-Blanc est mesuré précisément par les géomètres-Experts de Haute-Savoie. Si le plus haut sommet des Alpes et d’Europe occidentale a longtemps affiché 4810 mètres d’altitude, depuis 2019, son altitude tend à diminuer légèrement. Les dernières mesures de l’année 2026 sont plus rassurantes.
Tous les ans, depuis 2001, des géomètres-experts de Haute-Savoie mesurent avec précision l’altitude du toit de l’Europe, le célèbre mont Blanc situé dans les Alpes françaises.
GPS Leica Géosystems sur le toit de l’EuropeCrédit : Annecy 2018
C’est en 2001 que la première expédition a été réalisée par la chambre départementale des géomètres-experts de Haute-Savoie, avec le concours de l’IGN et de Leica geosystems. Les géomètres Experts utilisent des GPS de haute précision, qui permettent une mesure en temps réel avec une précision proche du centimètre, un GPS classique n’ayant qu’une précision de 3 à 30 m.
Cette précision est obtenue par la comparaison des signaux reçus par plusieurs antennes GPS simultanément. Pour cette opération, des antennes fixes, basées sur des repères connus (pour cette opération aux Houches et Aiguille du Midi), permettent ce calcul dit « différentiel » avec l’antenne fixée sur le mont Blanc.
Ces opérations sont réalisés par une équipe entraînée de dizaines de grimpeurs en milieu glaciaire.
La modélisation de la calotte glaciaire, c’est à dire sa forme, est relevée également par GPS. L’ensemble des mesures, sommet et calotte, dure environ 2h30.
Les Géomètres Experts disposent également du réseau TERIA, qui permet d’effectuer les mêmes mesures en temps réel (via le réseau GSM) et avec une seule antenne (plus besoin de GPS fixe sur les repères). Ce réseau, unique en Europe, mis en place par les Géomètres-Experts, est constitué d’une centaine de stations fixes, réparties régulièrement sur le territoire français.
De plus, depuis 2023, un drone est venu renforcer l’équipe en charge de la mesure de l’altitude du Mont Blanc. Outre les lourdes autorisations administratives nécessaires pour réaliser ce vol normalement interdit, le pilotage de l’engin reste délicat même si cela ne dure que 5 minutes.
L’introduction du drone a nécessité d’avoir un appui GPS sur les mesures de points fixes au sol. A ce titre, Téria, partenaire historique des Géomètres-Experts, a mis à disposition son GPS PYX.
Quelle est l’altitude du mont Blanc ?
Le mont Blanc a été mesuré de nombreuses fois avant cette initiative.
En 1685, pour la première fois, son altitude était estimée à 4730 mètres. Le 3 août 1787, Horace-Bénédict de Saussure (connu pour son hypothèse sur l’effet de serre) procède au premier calcul de l’altitude du mont Blanc depuis son sommet : il trouve comme altitude 2 450 toises, soit 4 775 mètres sans disposer des outils actuels.
Puis, entre 1892 et 1894, deux cousins, Henri et Joseph Vallot, ont réalisé des mesures topographiques du mont Blanc grâce à une méthode appelée triangulation. Ils ont établi l’altitude du Mont Blanc à 4 807,20 mètres, considérée alors comme une référence. Cette mesure était remarquable pour l’époque, avec une précision estimée à environ 50 centimètres.
En 2001, il est mesuré précisément à 4810,4 m, puis 4807,81 mètres en 2021, date à laquelle un site web dédié aux mesures a été mis en ligne.
Ignorant superbement les débats sur le réchauffement climatique, le toit de l’Europe est longtemps resté d’une immobilité de glace, oscillant entre 4800 et 4810 mètres. Toutefois, L’année 2023 avait été notable avec une altitude de seulement 4805,59 mètres, mais les mesures de l’année 2026 sont rassurantes avec 4807,47 mètres, soit 1,88 mètre de plus qu’en 2023 et 27 centimètres au-dessus de la mesure historique de 1894.
L’altitude du Mont Blanc peut-elle diminuer avec le réchauffement climatique ?
L’année 2023 avait montré une diminution inédite d’environ 2 mètres d’altitude. Si il est encore trop tôt pour en conclure que la tendance à la baisse est irréversible à moyen terme, le réchauffement climatique est pointé du doigt au regard des dernières observations.
Dans une étude publiée fin 2023, les glaciologues du CNRS Terre & Univers ont rendu compte de l’amincissement des glaciers de haute altitude du Mont Blanc durant l’année glaciologique 2021/2022. Par exemple, au-dessus de 3 000 m d’altitude, sur le glacier d’Argentière et la Mer de Glace, les taux d’amincissement ont dépassé 3,5 m par an, alors qu’il n’y avait pratiquement pas eu de changement au cours des 9 années précédentes.
Ces nouvelles données montrent que les glaces alpines de très haute altitude, stables au cours des 100 dernières années, subissent maintenant l’impact du réchauffement climatique.
Autres causes possibles : le vent qui déplace la couverture neigeuse et/ou les alpinistes qui le gravissent toujours plus nombreux chaque année. Déjà l’année 2019 avait surpris les Géomètres-Experts avec une altitude de seulement 4 806,03 m.
Les objectifs de ces opérations sportives et humaines sont aussi d’apporter au grand public un éclairage inhabituel sur la profession de Géomètre-Expert, de réaliser un test de fiabilité et de précision dans des conditions difficiles du matériel utilisé habituellement par les Géomètres-Experts, et de contribuer à aider la communauté scientifique à apporter des éléments de réponses aux interrogations relatives aux variations climatiques.
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