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    conséquences sur la santé et l’environnement


    Mis à jour le

    En France, près de 80 % des produits vendus en supermarché sont ultra-transformés. Or, leur consommation est fortement corrélée à l’obésité, au diabète et aux maladies cardiovasculaires, mais aussi à la dégradation de notre environnement…

    Les aliments ultra-transformés – sodas, snacks, viandes transformées – représentent près de 60 % de l’apport calorique quotidien des adultes et 70 % de celui des enfants aux États-Unis.

    En France, les aliments ultra-transformés (AUT) représentent en moyenne 30 à 35 % de l’apport calorique quotidien des adultes (Sénat, 2023).
    Les jeunes adultes, les personnes issues de catégories socio-économiques plus faibles et les végétaliens sont particulièrement exposés à une consommation élevée d’aliments ultra-transformés.

    Riches en additifs mais pauvres en nutriments, ils favorisent la surconsommation et sont associés à l’obésité, au cancer, aux maladies cardiovasculaires et métaboliques, aux troubles psychiques et à la mortalité prématurée.

    Aliments dits ultra-transformés : définition

    Selon l’Anses, « il n’existe pas à ce jour de définition consensuelle de ce type d’aliments. » C’est pourquoi, elle s’appuie sur la classification Nova dans laquelle « les aliments dits ultra-transformés se caractérisent par le recours à certains procédés de transformation et par l’ajout d’additifs dits cosmétiques et de substances rarement utilisées lors de la préparation des repas à domicile, comme les isolats de protéines ou les huiles hydrogénées. Ces additifs et autres substances ajoutées servent notamment à modifier la texture, le goût ou faciliter la préparation. »

    Les aliments ultra-transformés comprennent les produits reconstitués, tels que les saucisses, les plats industriels préparés, les margarines, les sucreries, les boissons gazeuses (sodas) et d’autres aliments contenant des additifs artificiels tels comme les édulcorants et les arômes.

    Ces produits, issus de transformations industrielles poussées, contiennent souvent des ingrédients raffinés, sucres ajoutés, graisses, sel, colorants, conservateurs ou autres additifs.

    Les conséquences des aliments ultra-transformés sur la santé

    Les effets négatifs d’une consommation élevée d’aliments ultra-transformés sur la santé sont supposés depuis plus d’une décennie : obésité, maladies coronariennes, diabète et cancer. Toutefois, les études restent peu nombreuses et se sont principalement concentrées sur le métabolisme. Elles ont montré qu’un régime riche en produits ultra-transformés entraînait une surconsommation calorique par rapport à un régime peu transformé. La question est-donc de savoir si c’est l’excès de calories qui est en cause ou la nature même des aliments ultra-transformés.

    Une étude parue en août 2025 dans Cell Metabolism a suivi une quarantaine de jeunes hommes soumis successivement à un régime ultra-transformé et à un régime peu transformé, en contrôlant précisément les apports caloriques. Résultat : même à calories égales, le régime ultra-transformé a entraîné :

    • une prise de poids et une augmentation de la masse grasse,
    • une dégradation du profil lipidique (ratio LDL/HDL défavorable),
    • une diminution d’hormones clés liées au métabolisme et à la fertilité masculine (FSH, GDF-15, testostérone) et une baisse du nombre de spermatozoïdes mobiles,
    • traces accrues de perturbateurs endocriniens, notamment un phtalate (cxMINP) et une baisse du lithium sanguin.

    Cette étude démontre donc que c’est la nature ultra-transformée des aliments qui est préjudiciable pour la santé. Mais comment l’expliquer ?
    En fait, c’est la complexité des procédés industriels, l’ajout d’additifs et la multiplication des étapes de préparation des aliments ultra-transformés qui accroissent mécaniquement le risque de contamination par des polluants industriels.

    Une autre étude publiée fin octobre 2025 dans la revue Nutrients et menée dans le cadre de la Framingham Heart Study, montre que la consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un déclin progressif des fonctions physiques.
    L’analyse, portant sur 2 547 participants suivis pendant près de 11 ans, a révélé que chaque portion quotidienne supplémentaire d’aliments ultra-transformés était liée à une légère réduction de la vitesse de marche chez les hommes et les femmes et chez les hommes à une diminution de la force de préhension.

    Selon Shivani Sahni (Harvard Medical School), ces résultats suggèrent que même sans provoquer directement de la fragilité, les aliments ultra-transformés pourraient favoriser une perte progressive de mobilité et de force musculaire avec l’âge.

    Les aliments ultratransformés auraient des effets sur le cerveau vieillissant

    Une vaste revue publiée dans Annual Review of Nutrition fait le point sur ce que la science sait aujourd’hui de leurs liens possibles avec le vieillissement cérébral, les performances cognitives et le risque de démence.

    Plusieurs études observationnelles ont associé une consommation élevée à de moins bonnes performances cognitives ou à davantage de troubles liés au vieillissement du cerveau.
    Les chercheurs évoquent plusieurs mécanismes possibles : inflammation chronique, perturbations métaboliques, atteintes vasculaires ou encore effets indirects liés à une alimentation globalement moins favorable à la santé.

    Cependant, les auteurs soulignent qu’il est encore difficile de distinguer l’effet propre de ces aliments de celui d’autres facteurs comme le mode de vie, la qualité globale du régime alimentaire ou l’état de santé, mais la piste est ouverte !

    Les conséquences des aliments ultra-transformés sur l’environnement

    Publiée dans la revue The Lancet Planetary Health, cette étude est la première du genre à utiliser des données représentatives au niveau national sur une période aussi longue pour démontrer comment les changements dans le régime alimentaire d’une nation peuvent affecter son empreinte sur l’environnement.

    Entre 1987 et 2018, le Brésil a connu une transition nutritionnelle vers une alimentation riche en aliments ultra-transformés. D’après l’étude, parmi tous les types d’aliments consommés, ce sont eux qui contribuent le plus à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, de l’empreinte hydrique du pays et de l’empreinte écologique, comme la déforestation.

    Les chercheurs ont calculé l’impact environnemental des produits alimentaires achetés, pour 1 000 calories (kcal) consommées, pour quatre groupes d’aliments répertoriés par la classification NOVA qui ne tient pas compte des valeurs nutritionnelles mais du degré de transformation des aliments. Cette classification distingue quatre groupes d’aliments :

    1. aliments non transformés/minimalement transformés (G1).
    2. ingrédients culinaires transformés (G2)
    3. aliments transformés (G3)
    4. aliments ultra-transformés (G4).

    La classification NOVA (différente du NUTRI-SCORE) n’est pas visible sur les produits alimentaires français. L’application Open Food Facts permet de connaître la classification NOVA ainsi que son éco-score.

    L’étude a révélé que si la proportion d’aliments G1 et G2 dans le régime alimentaire des ménages brésiliens avait diminué, la quantité d’aliments G3 et G4 consommés avait augmenté. L’impact environnemental croissant des aliments G4 est dû à l’augmentation de la consommation de viande ultra-transformée, qui a au moins doublé sa contribution à l’impact environnemental quotidien par individu, pour atteindre environ 20 % de l’empreinte totale liée au régime alimentaire sur la période de 30 ans.

    Pour 1 000 calories consommées, ces modifications du régime alimentaire ont été associées à une augmentation de 21 % de la contribution aux émissions de gaz à effet de serre, de 22 % de la contribution à l’empreinte hydrique de la nation et de 17 % de la contribution à son empreinte écologique.

    Pour notre santé et notre durabilité, les aliments ultra-transformés constituent déjà un problème massif et croissant. Nos résultats suggèrent que les maladies liées à l’alimentation et le changement climatique partagent les mêmes causes et doivent donc être traités simultanément. Il convient d’envisager des actions et des politiques ciblant plusieurs domaines. Par exemple, les interventions fiscales telles que les taxes ou les subventions, la réglementation de la publicité et l’amélioration de l’étiquetage des aliments et des menus en y ajoutant les impacts environnementaux
    Christian Reynolds, co-auteur de l’étude et maître de conférences au Centre for Food Policy de la City University of London.

    Les experts affirment que les pays occidentaux ont connu une transition nutritionnelle similaire au cours des 100 dernières années et préviennent qu’à mesure que les économies d’un plus grand nombre de pays se développent, la tendance à la consommation d’aliments ultra-transformés s’accentue, ce qui accroît les problèmes de santé et la pression sur l’environnement.



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