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    Pauvreté et riches : à quoi s’attendre dans les années qui viennent

    Pauvreté et riches : à quoi s’attendre dans les années qui viennent (2026–2040)

    Dans les années à venir, l’écart entre riches et pauvres ne dépendra pas d’un seul facteur, mais d’un “cocktail” de croissance économique, d’inflation, de prix de l’énergie et de l’alimentation, de changements technologiques, et de politiques publiques. Les grandes projections internationales montrent déjà que la baisse de l’extrême pauvreté ralentit, tandis que la concentration des revenus et du patrimoine reste très élevée.

    1) De quoi parle-t-on exactement ?

    La “pauvreté” se mesure de plusieurs façons. L’extrême pauvreté est souvent définie avec un seuil international (par exemple 2,15$ par jour en parité de pouvoir d’achat, seuil utilisé par la Banque mondiale dans ses estimations récentes). À côté, il existe des seuils plus élevés (comme 6,85$ par jour) qui décrivent une pauvreté “moins extrême” mais qui concerne beaucoup plus de monde, et qui correspond davantage à une vie vulnérable, exposée aux chocs (maladie, hausse des prix, perte d’emploi).

    Du côté des “riches”, il faut distinguer le revenu (ce que l’on gagne chaque année) et le patrimoine (ce que l’on possède : immobilier, actions, entreprises, épargne). C’est important, car les grandes inégalités modernes viennent souvent du patrimoine : il se transmet, il profite des hausses d’actifs, et il peut générer des revenus supplémentaires.

    2) La tendance mondiale : une pauvreté qui recule trop lentement

    La Banque mondiale estime que, sur la trajectoire actuelle, 622 millions de personnes (7,3% de la population mondiale) vivraient encore en extrême pauvreté en 2030. Elle indique aussi qu’environ 3,4 milliards de personnes (près de 40% de la population mondiale) pourraient vivre avec moins de 6,85$ par jour en 2030, ce qui traduit une vulnérabilité massive, même sans être dans l’extrême pauvreté.

    Autre signal important : la Banque mondiale explique que le rythme de sortie de l’extrême pauvreté est plus lent qu’avant la pandémie, avec environ 69 millions de personnes projetées sortir de l’extrême pauvreté entre 2024 et 2030, contre environ 150 millions entre 2013 et 2019. En clair, le monde progresse encore, mais il progresse moins vite, et des régions entières restent “bloquées” dans un niveau de pauvreté élevé (notamment en Afrique subsaharienne et dans les pays fragiles ou en conflit).

    3) Les riches et la concentration : pourquoi l’écart persiste

    Les inégalités mondiales restent structurellement élevées. Le World Inequality Report 2022 indique que les 10% les plus riches captent environ 52% du revenu mondial, tandis que les 50% les plus pauvres n’en perçoivent qu’environ 8,5%. Pour le patrimoine, l’écart est encore plus marqué : le même rapport estime que les 10% les plus riches possèdent environ 76% du patrimoine mondial, contre environ 2% pour la moitié la plus pauvre.

    Pourquoi cela compte pour l’avenir ? Parce que si une économie se développe, mais que la majorité des gains va surtout aux revenus élevés et aux détenteurs d’actifs, la pauvreté peut reculer lentement et le “ressenti d’injustice” peut augmenter. Dans ce scénario, la classe moyenne peut se sentir coincée : elle ne bascule pas dans la pauvreté extrême, mais elle perd en pouvoir d’achat relatif et a plus de mal à accumuler un patrimoine (logement, épargne) face à des prix d’actifs élevés.

    4) Les moteurs concrets des inégalités à venir

    Voici les mécanismes les plus plausibles qui vont peser sur l’écart riches/pauvres entre 2026 et 2040 :

    • Inflation et coût de la vie : quand les prix montent vite, les ménages modestes souffrent davantage car une grande part de leur budget est “incompressible” (logement, énergie, alimentation). Même lorsque l’inflation redescend, les niveaux de prix restent plus hauts qu’avant, ce qui laisse des traces.

    • Salaires réels et qualité de l’emploi : l’OCDE observe que les salaires réels recommencent à augmenter dans plusieurs pays, mais qu’ils restent souvent en dessous de leur niveau de 2019 dans beaucoup d’économies, ce qui alimente l’impression de déclassement.

    • Patrimoine, immobilier et marchés financiers : quand l’immobilier et les actifs financiers montent, ceux qui possèdent déjà un patrimoine s’enrichissent plus vite, alors que ceux qui louent ou qui n’ont pas d’épargne sont à la traîne, même s’ils travaillent.

    • Chocs (climat, crises, conflits) : ces chocs frappent plus fort les populations vulnérables (moins d’assurance, moins d’épargne, systèmes de santé et de protection sociale plus fragiles), et ils peuvent annuler en quelques mois des années de progrès.

    • Politiques publiques : impôts, transferts sociaux, dépenses en éducation/santé/formation et règles du marché du travail peuvent réduire ou amplifier les inégalités. Les trajectoires divergent beaucoup selon les choix politiques.

    5) Deux scénarios crédibles pour 2030–2040

    On peut résumer l’avenir en deux scénarios “réalistes”, sans faire de science-fiction.

    Scénario A : “écart qui se creuse”

    La croissance est moyenne, les crises se répètent, et l’amélioration du pouvoir d’achat est lente. Les actifs (immobilier, entreprises, capital) continuent de concentrer les gains, donc les inégalités de patrimoine se renforcent, tandis que la pauvreté recule mais trop lentement pour transformer la situation. Dans ce scénario, la Banque mondiale projette encore une extrême pauvreté élevée en 2030, ce qui illustre bien l’insuffisance de la trajectoire actuelle.

    Scénario B : “réduction progressive des écarts”

    Les pays investissent davantage dans l’éducation, la santé, la protection sociale et la productivité, tout en rendant la transition (énergétique et économique) plus inclusive. Le but n’est pas l’égalité parfaite, mais une dynamique où les revenus du bas et du milieu progressent plus vite, et où les chocs (inflation, crise) sont mieux amortis. Une partie des inégalités de patrimoine peut aussi être contenue via des règles et une fiscalité mieux conçues, tout en encourageant l’investissement productif.

    6) Ce que ça change pour la société (et pourquoi c’est crucial)

    Quand la pauvreté se maintient et que la richesse se concentre, on observe généralement plus de tensions sociales, une confiance plus faible dans les institutions, et une polarisation politique accrue. À l’inverse, quand une économie crée des emplois décents, que les salaires réels progressent et que les services publics fonctionnent, les sociétés encaissent mieux les crises et la mobilité sociale redevient possible.

     

    Pauvreté et richesse en France (et en Europe) dans les années à venir

    La pauvreté et la richesse vont coexister encore longtemps, mais leur répartition peut évoluer très vite selon l’emploi, les prix (logement, énergie, alimentation) et les choix politiques. En France, les derniers chiffres de l’Insee indiquent un taux de pauvreté de 15,4% en 2023 en France métropolitaine (au seuil de 60% du niveau de vie médian), ce qui montre que le sujet est déjà structurel avant même de parler de “futur”. À l’échelle européenne, Eurostat estime qu’en 2024, 21,0% de la population de l’UE (93,3 millions de personnes) était “à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale” (AROPE), ce qui donne une idée de l’ampleur du phénomène dans un espace pourtant riche.

    1) Comprendre “pauvres” et “riches” : deux réalités différentes

    En France, la mesure la plus utilisée est la pauvreté monétaire: on est considéré pauvre si l’on vit sous 60% du niveau de vie médian (après impôts et prestations). Cette définition est utile pour comparer et suivre une tendance, mais elle ne dit pas tout: on peut être “au-dessus du seuil” tout en étant fragile (dettes, loyers élevés, dépenses contraintes, santé). À l’inverse, être “riche” ne signifie pas seulement gagner beaucoup: l’écart se creuse souvent via le patrimoine (immobilier, actions, entreprises), car il grossit avec le temps et se transmet.

    2) Ce qui va le plus peser entre 2026 et 2040

    Trois facteurs joueront un rôle déterminant.

    • Le pouvoir d’achat réel (salaires vs prix). L’OCDE observe que, dans beaucoup de pays, les salaires réels se redressent mais restent souvent en dessous de leur niveau de 2019, ce qui alimente le sentiment de stagnation. Pour la France, l’OCDE note que les salaires réels sont restés “plutôt stables” sur 2019–début 2024, mais sans véritable gain net durable à la fin de la période, et que le SMIC réel a été mieux protégé via l’indexation.

    • Le logement. Même sans chiffre unique, c’est le “multiplicateur” de pauvreté le plus fréquent: si la part du budget consacrée au loyer/crédit et aux charges monte, beaucoup de ménages basculent dans la privation (chauffage, alimentation, soins) alors qu’ils ont un emploi.

    • La capacité de l’État à amortir les chocs. Les prestations sociales et la redistribution modifient fortement le niveau de pauvreté mesuré, et leur efficacité dépend des budgets, des règles et du taux de recours.

    3) Pourquoi les écarts peuvent s’accentuer

    Même si l’économie avance, les écarts peuvent se creuser lorsque les gains vont surtout aux détenteurs d’actifs (patrimoine) plutôt qu’aux revenus du travail. Si les prix de l’immobilier ou des actifs financiers progressent plus vite que les salaires, les ménages déjà propriétaires ou déjà bien dotés voient leur situation s’améliorer, alors que les autres ont plus de mal à épargner, à acheter, ou même à “tenir” en fin de mois. Dans ce contexte, la pauvreté peut augmenter par “effet ciseaux”: dépenses contraintes en hausse, revenus réels qui stagnent, et dispositifs d’aide parfois insuffisants ou mal ciblés.

    4) Deux scénarios plausibles pour la France et l’UE

    Scénario A : stabilité fragile

    Les salaires réels progressent lentement, mais les prix du logement et des dépenses contraintes restent élevés; la pauvreté ne s’effondre pas, et peut même remonter lors des crises (énergie, inflation, chômage local). Ce scénario est compatible avec une Europe où, même en 2024, 1 personne sur 5 reste à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

    Scénario B : réduction progressive

    On combine davantage d’emplois de qualité, de formation, et des politiques qui limitent les “trappes à pauvreté” (mauvais accès aux droits, temps partiel subi, reste-à-charge). L’objectif est que les revenus du bas et du milieu rattrapent mieux, et que les coups durs (maladie, séparation, chômage) ne fassent pas basculer aussi facilement.

    5) Les leviers les plus efficaces (sans idéologie)

    • Travailler sur l’emploi et les compétences: plus d’accès à des emplois stables et mieux payés réduit mécaniquement la pauvreté, surtout si les salaires réels progressent.

    • Agir sur le logement (offre, rénovation, charges): c’est souvent le poste qui transforme une situation “modeste” en situation “pauvre”.

    • Simplifier l’accès aux droits et cibler la protection sociale: les indicateurs et dossiers de l’Insee rappellent que les prestations comptent beaucoup dans le niveau de vie et la pauvreté mesurée.

    • Faire en sorte que la croissance profite davantage au travail (et pas seulement au capital): sinon la richesse s’accumule en haut, même si la pauvreté ne s’aggrave pas partout.

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