More
    AccueilStrategyNews du futurRessources de la Terre en 2046 : eau, sols, énergie et matières...

    Ressources de la Terre en 2046 : eau, sols, énergie et matières sous tension

    Les ressources de la Terre d’ici 20 ans (2046) : tensions, arbitrages et solutions

    En 2046, le problème ne sera pas que la Terre “n’aura plus de ressources”, mais que l’accès à ces ressources sera plus difficile, plus cher et plus conflictuel. À trajectoire actuelle, la consommation mondiale de matières continue d’augmenter fortement, ce qui alimente la crise climatique, l’effondrement de la biodiversité et la pollution.

    1) Une demande matérielle qui ne faiblit pas

    Depuis des décennies, l’humanité extrait et consomme toujours plus de biomasse, de combustibles fossiles, de minerais métalliques et de minéraux non métalliques (sables, graviers, etc.). Le Global Resources Outlook 2024 indique que si les tendances actuelles se poursuivent, l’extraction/consommation de matières pourrait augmenter d’environ 60% d’ici 2060 par rapport à 2020, ce qui signifie que d’ici 20 ans nous serons déjà sur une pente très exigeante. En clair: construire des logements, des routes, des réseaux, produire et transporter des biens, tout cela “mange” de la ressource, et la pression se voit surtout dans les matériaux de construction, l’énergie et l’usage des terres.

    2) L’eau : la ressource qui décide de tout

    L’eau douce est souvent le premier facteur limitant, parce qu’elle conditionne l’agriculture, l’industrie et même une partie de la production d’énergie. Le GIEC souligne que le changement climatique renforce les contrastes et extrêmes hydrologiques (sécheresses plus probables et plus sévères dans certaines régions, pluies plus intenses ailleurs), avec un signal de “dessèchement” détectable dans les climats à été sec, dont le bassin méditerranéen. D’ici 2046, on verra surtout une multiplication des périodes où l’eau est disponible au mauvais moment (ou au mauvais endroit), ce qui augmente les conflits d’usages entre agriculture, eau potable, tourisme et nature.

    3) Terres agricoles et alimentation : produire plus, sans détruire le capital naturel

    Les terres cultivables ne sont pas qu’une question de surface: la fertilité, l’érosion, l’appauvrissement des sols et la disponibilité de l’eau déterminent la production réelle. La FAO estime que nourrir la population de 2050 demanderait d’augmenter la production alimentaire d’environ 70% (net des biocarburants) entre 2005/07 et 2050, ce qui implique des investissements, des gains de productivité et des systèmes agricoles plus efficaces. La FAO projette aussi une expansion nette des terres arables d’environ 70 millions d’hectares d’ici 2050, mais cela pose immédiatement la question des arbitrages avec les forêts, la biodiversité et l’eau.

    4) Énergie et métaux : la transition déplace les dépendances

    La transition énergétique vise à réduire les combustibles fossiles, mais elle augmente la demande pour de nombreux matériaux (infrastructures électriques, rénovation des bâtiments, équipements, réseaux). Le Global Resources Outlook 2024 rappelle que l’usage des ressources, tel qu’il évolue aujourd’hui, est un moteur direct de la “triple crise planétaire” (climat, biodiversité, pollution), ce qui signifie que les États vont de plus en plus encadrer l’extraction, le commerce et les impacts environnementaux. D’ici 20 ans, cela peut se traduire par plus de volatilité sur certaines matières, davantage d’exigences de traçabilité, et une montée en puissance du recyclage et de l’économie circulaire.

    5) À quoi ressemblera 2046 si on agit… ou si on n’agit pas

    Si l’on ne change pas de cap, l’augmentation de la consommation de ressources se poursuit, avec davantage de “crises locales” (sécheresses, restrictions d’eau, chocs de prix, tensions sur l’agriculture). Si l’on agit, l’objectif réaliste n’est pas de “revenir en arrière”, mais de ralentir la croissance de la demande en matières, en jouant sur trois leviers: sobriété (moins de gaspillage), efficacité (mieux produire et mieux utiliser) et circularité (réparer, réemployer, recycler). Le Global Resources Outlook 2024 insiste justement sur l’idée de “bent the trend” (infléchir la courbe) pour réduire les impacts environnementaux tout en maintenant le développement humain.

     

    FAQ

    1) Est-ce qu’on va “manquer” de ressources d’ici 20 ans ?
    Pas au sens d’une disparition totale, mais l’accès deviendra plus difficile: tensions sur l’eau, concurrence entre usages, contraintes environnementales et hausse des coûts.

    2) Quelle ressource risque de poser le plus de problèmes au quotidien ?
    L’eau douce, car elle conditionne l’agriculture, une partie de l’énergie et l’approvisionnement des villes, et le changement climatique accentue sécheresses et extrêmes hydrologiques dans plusieurs régions, dont les zones à été sec comme le bassin méditerranéen.

    3) L’agriculture aura-t-elle assez de terres pour nourrir tout le monde ?
    La FAO estime que la production alimentaire devra fortement augmenter d’ici 2050 (ordre de grandeur souvent cité: +70% vs 2005/07), et que l’extension des terres arables reste possible mais limitée, ce qui rend la productivité et la protection des sols décisives.

    4) La transition énergétique va-t-elle réduire la pression sur les ressources ?
    Elle peut réduire la dépendance aux combustibles fossiles, mais elle déplace aussi la pression vers d’autres matières (matériaux et métaux pour réseaux, bâtiments, équipements), d’où l’importance de mieux concevoir, réutiliser et recycler.

    5) Quelles actions ont le plus d’impact d’ici 2046 ?
    Infléchir la courbe de consommation de matières via sobriété, efficacité et économie circulaire (réparer, réemployer, recycler) est une des pistes mises en avant pour réduire les impacts sur climat, biodiversité et pollution.

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Must Read

    spot_img