À la surprise générale, le TA-35, indice phare de la Bourse israélienne, enchaîne des records historiques en dépit des turbulences au Moyen-Orient. Bien que le contexte géopolitique reste tendu, le shekel s’est apprécié de manière fulgurante face au dollar, une dynamique portée par les dépenses dans la défense qui soutiennent l’économie.
De nombreux observateurs s’attendaient à une fuite massive de capitaux compte tenu des divers conflits auxquels l’État hébreu est confronté. Pourtant, les investisseurs locaux et étrangers se sont rués à l’achat sur le marché domestique. Ils parient à terme sur des conséquences, qui, étonnement, pourraient devenir bénéfiques pour le Moyen-Orient.
Cet article vise à démontrer qu’Israël ne se limite pas à une économie de guerre et dispose d’atouts indéniables dans des secteurs de pointe. Il vous permettra ainsi de découvrir un pays plus résilient et plus complexe que ne l’imaginent généralement les investisseurs.
Vers une atténuation des risques au Moyen-Orient ?
Même si on peut s’interroger sur le bien fondé du marché haussier du TA-35 Index, force est de constater que l’économie de guerre favorise la résilience de l’État hébreu. Les marchés financiers ne sont pas considérés comme des baromètres moraux, mais reflètent des mécanismes d’anticipation.
Les investisseurs parient sur le fait que la fragilisation des alliés iraniens en Syrie, au Liban et à Gaza, conduirait à une réduction des conflits (derisking) du Moyen-Orient. L’issue potentielle de ces conflits laisserait entrevoir des opportunités de paix et de prospérité économique dans la région. D’ailleurs, l’ouverture du marché en Arabie Saoudite est le signe d’un point de bascule dont la Chine et les États-Unis cherchent à avoir leur part du gâteau.
Si le coût des conflits et de la reconstruction restent des défis à moyen-long terme, les investisseurs se focalisent sur le résultat. Ces derniers ciblent, dans leurs allocations, des secteurs qui pourraient profiter d’une période d’après-guerre israélo-iranien.
Un pays bien positionné sur des secteurs stratégiques
Israël bénéficie d’une proximité géographique vis-à-vis du Vieux Continent et possède des réserves gazières importantes telles que les gisements du Leviathan, le Tamar et le Karish au large de ses côtes méditerranéennes, assurant ainsi les besoins de son marché intérieur. Néanmoins, le pays est également bien positionné sur des secteurs de pointe en dehors de la défense et de l’énergie, au point de rivaliser honorablement avec l’Occident et se forger une image plus valorisante à l’encontre des idées reçues.
Premièrement, Israël se démarque par son savoir-faire dans la cybersécurité et la high tech, en possédant le deuxième plus grand nombre de startups dans le monde derrière les États-Unis. De plus, les géants numériques Apple, Alphabet et Microsoft témoignent de leur intérêt stratégique en installant leurs propres centres de R&D. L’acquisition de Wiz par Alphabet dans la cybersécurité. Dans l’éventualité de vous exposer sur ce secteur, vous pouvez vous intéresser à Check Point Software (CHKP) et CyberArk Software (CYBR), spécialisés respectivement dans la gestion des PAM (Gestion des accès privilégiés) et dans les firewalls ou pare-feu.
Deuxièmement, dans le domaine des semi-conducteurs, Tower Semiconductor (TSEM) est considéré comme le Taiwan Semiconductor du Moyen-Orient. L’entreprise opère dans le segment stratégique de la chaîne de valeur de l’IA, la fonderie, une étape vitale dans la fabrication des puces électroniques.
Enfin, dans le secteur de la santé, Israël se distingue également avec Teva Pharmaceuticals (TEVA), l’un des principaux pionniers mondiaux des médicaments génériques. Pour compléter ce panorama, il convient de mentionner ICL Group (ICL), qui joue un rôle prépondérant dans la production de potasse, un minerai crucial pour la sécurité alimentaire mondiale.
Conclusion
Comme l’impossible est possible en cette décennie 2020, un cessez-le-feu durable sur les zones tendues autour d’Israël ouvrirait la voie à de multiples opportunités, ainsi qu’un ordre sécuritaire et économique plus stable au Moyen-Orient. Dans l’hypothèse d’une extension des accords d’Abraham avec l’Arabie Saoudite, l’environnement serait propice au business pour les entreprises occidentales, mais aussi asiatiques, qui disposent d’atouts relationnels à faire valoir.
Les investisseurs se sentiront rassurés qu’une bonne partie des entreprises israéliennes soient cotées à Wall Street. Non seulement, vous profitez d’un parapluie de liquidité. Mais mieux encore, elles sont mondialement reconnues dans les secteurs stratégiques. Et si les conflits devaient s’éterniser, rien ne vous empêche d’y investir en Israël en exploitant à fond le dicton boursier « Acheter au son du canon et vendre au son du clairon ».

