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    ⚡ La transition énergétique progresse, mais le réchauffement devrait dépasser 2 °C


    Le monde produit toujours plus d’électricité renouvelable, mais reste fortement dépendant des énergies fossiles. Dans son rapport Energy Outlook 2026, TotalEnergies imagine trois trajectoires énergétiques jusqu’en 2060. Son constat : sans accélération majeure de la transition, le réchauffement climatique pourrait atteindre bien plus que 2 °C d’ici 2100.

    Une transition énergétique déjà bien engagée

    Le paysage énergétique mondial évolue rapidement. Panneaux solaires, éoliennes, voitures électriques et pompes à chaleur se multiplient. Selon TotalEnergies, les investissements mondiaux dans les énergies bas carbone et l’électrification ont presque doublé en dix ans, passant de 1 200 milliards de dollars en 2015 à 2 100 milliards en 2025.

    Cette transformation est également observée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En 2025, la production supplémentaire d’électricité renouvelable et nucléaire a dépassé la hausse de la demande mondiale d’électricité. Pourtant, les combustibles fossiles restent incontournables : le charbon représente encore 34 % de la production électrique mondiale.

    Trois scénarios pour imaginer le monde de demain

    Pour comprendre les évolutions possibles du système énergétique, TotalEnergies présente trois scénarios à l’horizon 2060. Il s’agit de projections reposant sur différentes hypothèses économiques, technologiques et politiques.

    Le scénario « Trends » : jusqu’à +2,8 °C. Si les politiques actuelles se prolongent, les renouvelables continueront leur progression, mais les énergies fossiles resteront très présentes. La demande de pétrole se stabiliserait dans les années 2030, tandis que celle de gaz poursuivrait sa croissance jusqu’aux années 2040. Le réchauffement atteindrait entre 2,6 et 2,8 °C en 2100.

    Le scénario « Momentum » : jusqu’à +2,4 °C. Une accélération de l’électrification, le recul du charbon et le développement de carburants moins carbonés permettraient de réduire davantage les émissions. Mais les investissements resteraient insuffisants dans de nombreux pays. Résultat : une hausse des températures comprise entre 2,3 et 2,4 °C.

    Le scénario « Rupture » : moins de 2 °C. Ce scénario suppose une coopération internationale renforcée et une diminution beaucoup plus rapide des émissions mondiales. Il limiterait le réchauffement entre 1,8 et 1,9 °C, mais TotalEnergies estime sa réalisation particulièrement difficile dans le contexte géopolitique actuel.

    La Chine, les États-Unis et l’Europe avancent à des rythmes différents

    La transition énergétique ne suit pas une trajectoire uniforme. La Chine domine la fabrication et le déploiement de nombreuses technologies bas carbone, tout en conservant une importante production électrique au charbon.

    Les États-Unis continuent de miser sur leurs ressources nationales en pétrole et en gaz, tandis que l’Union européenne cherche à réduire ses émissions sans fragiliser son industrie.

    Les crises énergétiques, notamment les tensions autour du détroit d’Ormuz en 2026, renforcent également les préoccupations liées à la sécurité d’approvisionnement. Elles peuvent paradoxalement encourager le développement des énergies locales et des véhicules électriques, afin de réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures.

    Pourquoi la transition reste-t-elle insuffisante ?

    Le principal défi consiste à satisfaire des besoins énergétiques croissants tout en diminuant rapidement les émissions de gaz à effet de serre. Développer les énergies renouvelables ne suffit plus : il faut aussi remplacer les usages du charbon, du pétrole et du gaz, moderniser les réseaux électriques et améliorer l’efficacité énergétique.

    Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rappelle que limiter le réchauffement à 1,5 ou 2 °C nécessite des réductions profondes et rapides des émissions. Or, même le scénario le plus ambitieux présenté par TotalEnergies ne permet plus d’atteindre l’objectif de 1,5 °C, celui de l’Accord de Paris.

    Ces projections doivent toutefois être interprétées avec prudence : elles reflètent les hypothèses d’un groupe énergétique, et non un consensus scientifique sur l’avenir.

    Un avenir énergétique encore ouvert

    Le rapport 2026 de TotalEnergies met en évidence un paradoxe : la transition énergétique est bien réelle, mais sa vitesse reste insuffisante face à l’urgence climatique. Les technologies existent et se développent rapidement. Leur généralisation dépendra désormais des investissements, des décisions politiques et de la coopération internationale.

    L’enjeu n’est donc plus seulement de produire davantage d’énergie propre, mais de remplacer suffisamment vite les énergies fossiles pour limiter durablement le réchauffement planétaire.



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