Paillettes, tapis rouges et fresques épiques façonnent la magie de Hollywood. Néanmoins, dans les coulisses se murmure un gigantesque machine économique, mais qui présente des failles inconnues du grand public. Pour les investisseurs avisés, le cinéma made in USA est perçu comme un outil de soft power qui influence la culture et la société du monde occidental. Il véhicule des valeurs et des modes de vie auxquels les spectateurs cherchent à s’identifier. Et côté business, la pléiade de films américains sortant des studios hollywoodiens, il symbolise un secteur en pleine mutation, pris en étau entre des modèles de canaux de distribution disruptifs et une révolution technologique à grande échelle. Loin de la ranger aux vieilles calanques, l’industrie cinématographique américaine redessine ses principaux piliers, offrant de nouvelles opportunités à ceux qui sont capables de décortiquer entre les lignes.
Investir dans la plus grande place mondiale du cinéma exige de disposer de fortes convictions. Les mastodontes du streaming ont chamboulé les avantages que possédaient les acteurs traditionnels. Les salles obscures rencontrent des obstacles pour retrouver leur fréquentation d’avant-Covid. En 2025, près d’un Américain sur deux n’est pas allé au cinéma. Mais c’est dans ces moments critiques que naissent les plus belles opportunités. Le point clé est de cerner la capacité à anticiper ses potentielles disruptions, à reconnaître les entreprises aptes à capter ces relais de croissance, ainsi qu’à trouver les thèmes que recherchent les grand public.
Une industrie à la recherche du second souffle
Le fait que la moitié des Américains ne fréquentent plus les sales, signifie qu’il existe une mutation structurelle dans l’industrie cinématographique. Si elle existe aux États-Unis dans une large proportion, alors je ne risque pas de dire que l’Europe subisse la même tendance de fond, et cela, depuis les années post-Covid. Cette mutation touche tous la chaîne de valeur de la production à la distribution de film.
On ne consomme plus des contenus médias de la même façon que la génération baby-boom. Les studios historiques tels que Disney, Warner Bros, Discovrey, Sony Entertainment, ont revu profondément leur stratégie face à l’armada du streaming, en faisant en sorte que l’usage du marketing digital vend une expérience, une histoire ou un événement mondial, comme ce fut le cas pour le film Barbie. La multiplication des canaux de communication est un risque en termes de dépenses, mais ouvre la porte à de nouvelles sources de revenus : licences accordées aux plateformes, produits dérivés, vidéo à la demande, etc.
Bien que le lien entre le cinéma et la politique n’est plus un secret pour personne, Hollywood parvient à trouver de nouveaux marchés en Asie, notamment en Chine où les règles de contenu sont strictes. Le vivier chinois constitue un relais de croissance difficile à ignorer pour les studios américains, en dépit des tensions diplomatiques entre les deux grandes puissances économiques mondiales. L’alignement des contenus à la culture d’un pays devient à la fois une compétence clé. Ce n’est rien par rapport à une menace technologique que bon nombre d’acteurs de l’industrie s’inquiètent sérieusement.
L’intelligence artificielle, menace ou opportunité ?
L’IA est perçue de deux manières différentes dans l’industrie cinématographique. D’un côté, les producteurs recèlent une opportunité à diminuer les coûts de production d’un film, énergivores en marketing et personnel à l’échelle planétaire. De l’autre côté, les scénaristes et les acteurs y voient comme une menace à leur profession, car ils craignent une disruption à la créativité artistique. Personnellement, je pense que la réalité se trouvera dans un juste milieu. L’IA ne substituera pas au savoir-faire des réalisateurs et à l’émotion apportée par les acteurs dans les scènes. Par contre, l’IA constituera un outil d’aide pour des opérations en amont et aval de la production cinématographique. Par exemple, elle réduirait le temps de doublage automatique en plusieurs langues, apporterait une touche créative sur l’utilisation des effets spéciaux ou aux campagnes publicitaires à moindre coût. Cela pourrait redonner un second souffle à l’industrie.
Cette disruption technologique peut présenter une opportunité, à la condition de bien sélectionner les bons candidats qui exploitent intelligemment l’IA comme un levier dans leurs activités, et non comme un remède à des problèmes déjà existants. En revanche, les investisseurs devront être sur leurs gardes au sujet des risques juridiques et éthiques, à l’instar des droits d’auteur et la propriété intellectuelle. Nul doute qu’il y aura tôt des règles à respecter sans nuire à l’innovation artistique, et ce serait regrettable qu’un algorithme fasse le job sans véhiculer les émotions.
Les entreprises de la Mecque du cinéma à suivre
Les investisseurs, s’ils souhaitent apporter intelligemment du divertissement dans leur portefeuille, cibleront des entreprises ayant les reins solides sur le plan financier et disposant d’un savoir-faire déjà reconnu par la profession. Parmi elles, on pense à Walt Disney connu pour ses parcs d’attraction et les franchises Star Wars, Marvel, de la bande à Mickey, sans oublier les films animés Pixar et sa transition dans le streaming avec Disney+ en dépit des turbulences récentes. Comcast vous propose un modèle économique diversifié alliant des activités médias divertissement et ceux des parcs à thèmes.
Enfin, les pure players du streaming Netflix, Apple et Amazon ne sont pas en reste. Les deux premiers se distinguent par la diversité de ses contenus originaux, tandis que le troisième s’est fait remarquer en rachetant MGM Studios en mettant la main sur les droits de propriété intellectuelle de James Bond. Même s’ils ne possèdent pas de studios traditionnels, force est de constater que leur part de marché progresse.

