Le marché automobile français débute l’année 2026 sur une note sombre. Les immatriculations de voitures neuves ont fortement reculé en janvier, atteignant un niveau inédit depuis quinze ans, hors crise des semi-conducteurs.
Le marché automobile tricolore commence mal l’année 2026. Les ventes de voitures neuves en France ont chuté de 6,55 % en janvier par rapport au même mois de 2025, selon les chiffres communiqués dimanche par la Plateforme automobile. Le niveau atteint constitue un plus bas en janvier depuis quinze ans, hors crise des semi-conducteurs en 2022.
Au total, 107.157 voitures particulières neuves ont été immatriculées sur le territoire le mois dernier. Cela représente environ 7.500 véhicules de moins qu’en janvier 2025 et près de 48.000 de moins qu’en janvier 2019, avant l’épidémie de Covid.
Un marché automobile français toujours en repli
Un porte-parole de la Plateforme automobile a précisé à l’AFP qu’il s’agissait du niveau le plus bas observé en janvier depuis quinze ans, en dehors de l’année 2022. Cette année-là, le marché avait été fortement perturbé par la crise des semi-conducteurs, qui avait limité la capacité des constructeurs à produire suffisamment de véhicules pour répondre à la demande.
Malgré ce contexte dégradé, la part des véhicules électriques a atteint 28 % des ventes en janvier, un niveau jamais observé au cours des deux années précédentes, selon les données des constructeurs. Le porte-parole de la PFA rappelle toutefois qu’il s’agit d’un segment « ultra-soutenu » dans un marché automobile « peau de chagrin qui semble inexorablement se rétrécir ».
« Le pic de voitures électriques enregistré en janvier montre l’influence des aides à l’achat et brouille la lecture du marché », a également déclaré Marie-Laure Nivot, analyste du cabinet AAA Data. Selon elle, les effets du leasing social jouent pleinement en janvier sur le canal des particuliers et (vont) se poursuivre sur le trimestre avant de s’estomper.
Électrique, constructeurs et contrastes entre groupes
D’après AAA Data, la Renault 5 arrive en tête des immatriculations de voitures électriques en janvier, devant la Renault Scenic et la Peugeot 208. L’électrification progressive des flottes d’entreprises constitue également un facteur de soutien pour ce segment.
Mi-janvier, Emanuele Cappellano, patron Europe du groupe Stellantis, avait déclaré au journal Les Échos qu’il n’observait pas « de demande naturelle pour les véhicules électriques ». « Elle ne se manifeste que lorsqu’il y a des subventions dans différents pays ou lorsque les constructeurs automobiles réduisent le prix en brûlant du cash », avait-il ajouté, estimant que « vouloir augmenter la part des véhicules électriques ne fait que générer des pertes pour les constructeurs automobiles ».
Dans ce contexte tendu, l’Union européenne a renoncé mi-décembre à imposer le passage au tout-électrique en 2035. Les constructeurs pourront continuer à vendre, après cette date, une part limitée de véhicules thermiques ou hybrides, sous réserve de respecter plusieurs conditions, notamment la compensation des émissions de CO2 liées à ces ventes.
En janvier, les ventes de voitures particulières neuves de Stellantis en France ont reculé de 2,7 % sur un an. Citroën affiche une légère hausse (+2,8 %), tandis que Peugeot enregistre une baisse marquée (-8,2 %). Le groupe Renault progresse de 1,1 %, porté par la marque Renault (+20,7 %), malgré un net recul de Dacia (-33,9 %).
Troisième acteur du marché français, le groupe Toyota accuse pour sa part une forte baisse de ses ventes en janvier, avec un recul de 15,5 %.
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