L’annonce tant attendue n’a pas suffi à rassurer. Le 12 octobre, Eramet a confirmé que l’État allait monter en force à son capital. Le titre a pourtant décroché de près de 15 % le lendemain et touche son plus bas des deux dernières années. Le marché retient surtout l’ampleur de la dilution : l’augmentation de capital de 500 millions d’euros représente près de la moitié d’une capitalisation tombée sous 1,1 milliard d’euros.
L’opération reste vitale pour le groupe. Par l’intermédiaire de l’APE, l’État souscrira sa quote-part et rachètera tout ou partie des droits de Sorame-CEIR, sans dépasser 49 % des droits de vote. Au premier semestre, l’EBITDA ajusté a bondi de 45 %, à 276 millions d’euros, et le free cash flow est revenu à l’équilibre. Mais la dette nette ajustée atteint encore 2 milliards d’euros, soit 4,5 fois l’EBITDA. Les actionnaires devront aussi patienter : aucun dividende ne sera versé tant que ce ratio ne sera pas repassé sous 1.
En parallèle, l’environnement n’aide pas. Les restrictions de quotas en Indonésie pèsent sur le nickel de Weda Bay, le lithium reste loin de ses sommets et le manganèse demeure volatil, alors que la demande chinoise manque de vigueur.
Graphiquement, le titre évolue depuis avril sous une oblique baissière, qui passe aujourd’hui vers 45 euros. Le support des 41 euros, qui avait tenu en juillet, a été enfoncé sur des volumes en nette hausse. La MM20 s’est retournée. Le RSI, à 25, signale une forte survente qui pourrait permettre un rebond technique vers l’ancien support.
À cinq fois l’EBITDA attendu en 2027, Eramet se paie environ 30 % de moins que les autres minières. Avant de se positionner, mieux vaut toutefois connaître les modalités de l’émission et le chiffre d’affaires du troisième trimestre, publié le 29 octobre.
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