L’astronomie nous rĂ©serve parfois des observations inattendues, Ă l’image de l’explosion stellaire SN 2022esa. Celle-ci a affichĂ© un comportement rĂ©gulier et stable durant plusieurs semaines, Ă l’inverse de ce que l’on peut attendre pour une supernova.
Une Ă©quipe internationale a Ă©tudiĂ© ce phĂ©nomĂšne en associant les capacitĂ©s de deux instruments puissants. Les tĂ©lescopes Subaru Ă HawaĂŻ et Seimei au Japon ont ainsi permis de recueillir des donnĂ©es prĂ©cises. L’explosion ayant eu lieu dans une galaxie lointaine, situĂ©e Ă quelque 320 millions d’annĂ©es-lumiĂšre, les astronomes ont pu suivre son Ă©volution avec une grande finesse, ce qui a mis en lumiĂšre des caractĂ©ristiques inattendues.

Les analyses orientent vers un type d’Ă©toile spĂ©cifique, connu sous le nom d’Ă©toile Wolf-Rayet. Ces astres sont trĂšs chauds, lumineux et en fin de vie, ayant perdu une grande partie de leur enveloppe gazeuse. Leur explosion est gĂ©nĂ©ralement violente avec un effondrement du cĆur en trou noir, mais la stabilitĂ© observĂ©e ici indique la prĂ©sence d’un compagnon qui aurait jouĂ© un rĂŽle de rĂ©gulateur. Cette Ă©toile massive n’Ă©voluait donc pas seule dans son environnement stellaire.
Tout laisse Ă penser que l’Ă©toile orbitait autour d’un autre objet, probablement un autre trou noir ou une Ă©toile massive destinĂ©e Ă en devenir un. Lors de la supernova, l’Ă©toile Wolf-Rayet a disparu, laissant derriĂšre elle ce partenaire. Ă terme, et si c’est une Ă©toile, ce partenaire pourrait Ă©galement se transformer en trou noir, formant ainsi une paire de trous noirs en orbite l’un autour de l’autre.
Cette dĂ©couverte met en lumiĂšre l’avantage de marier diffĂ©rents outils d’observation. Le tĂ©lescope Seimei offre une rĂ©activitĂ© rapide pour saisir des Ă©vĂ©nements transitoires, tandis que Subaru apporte une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e permettant une Ă©tude dĂ©taillĂ©e. Leur collaboration autorise la capture de phĂ©nomĂšnes brefs et l’extraction d’informations sur la dynamique des explosions stellaires.
Les chercheurs anticipent que cette approche mĂšnera Ă d’autres progrĂšs. L’Ă©tude des phĂ©nomĂšnes transitoires astronomiques, comme les supernovae, pourrait dĂ©voiler davantage d’Ă©lĂ©ments sur la formation des objets compacts. Keiichi Maeda de l’UniversitĂ© de Kyoto note dans un communiquĂ© que cela offre une nouvelle piste pour retracer l’histoire Ă©volutive des Ă©toiles massives.
Ces travaux ajoutent une piĂšce significative au puzzle de l’astrophysique stellaire. Ils dĂ©montrent comment la mort d’une Ă©toile peut marquer le commencement de la naissance de systĂšmes binaires exotiques.
