DĂ©couvrir de futurs mĂ©dicaments Ă partir de dizaines de milliards de molĂ©cules devient beaucoup moins coĂ»teux grĂące Ă une nouvelle mĂ©thode basĂ©e sur l’intelligence artificielle.
Avant de fabriquer et tester une molĂ©cule en laboratoire, les chercheurs veulent simuler son interaction, et donc son efficacitĂ©, sur une protĂ©ine cible. Cette Ă©tape, appelĂ©e criblage virtuel, permet d’Ă©carter rapidement de nombreux candidats. Le problĂšme apparaĂźt lorsque la bibliothĂšque contient des milliards de molĂ©cules : les calculs deviennent trĂšs longs et coĂ»teux.

Un ensemble de tubes Ă essai.
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Une Ă©quipe internationale a dĂ©veloppĂ© AdaptiveFlow pour rĂ©duire cette charge. La plateforme dispose d’une bibliothĂšque de 69 milliards de molĂ©cules dĂ©jĂ prĂ©parĂ©es pour les simulations. PlutĂŽt que de tester chaque molĂ©cule avec la mĂȘme prĂ©cision, elle commence par organiser cette immense collection selon leurs propriĂ©tĂ©s.
ConcrĂštement, AdaptiveFlow rĂ©partit les molĂ©cules dans une grille dĂ©finie par 18 caractĂ©ristiques, comme leur masse ou leur capacitĂ© Ă se dissoudre dans l’eau. Quelques reprĂ©sentantes de chaque groupe sont d’abord testĂ©es. Les groupements qui donnent les rĂ©sultats les plus prometteurs peuvent ensuite ĂȘtre explorĂ©s beaucoup plus largement.
L’intelligence artificielle peut intervenir Ă cette Ă©tape. Un modĂšle apprend Ă partir des premiers calculs pour repĂ©rer les molĂ©cules qui mĂ©ritent davantage d’attention. Selon les chercheurs, cette stratĂ©gie peut rĂ©duire jusqu’Ă 1 000 fois le coĂ»t informatique par rapport Ă l’examen exhaustif des 69 milliards de molĂ©cules.
Pour vĂ©rifier que le systĂšme ne se contentait pas de produire de bons rĂ©sultats juste sur ordinateur, l’Ă©quipe l’a appliquĂ© Ă deux protĂ©ines liĂ©es au cancer. L’une, PARP1, participe Ă la rĂ©paration de l’ADN et constitue dĂ©jĂ la cible de mĂ©dicaments. L’autre, FSP1, aide certaines cellules Ă rĂ©sister Ă une forme particuliĂšre de mort cellulaire.
Des molĂ©cules retenues par les calculs ont ensuite Ă©tĂ© fabriquĂ©es et testĂ©es rĂ©ellement. Plusieurs ont fortement bloquĂ© comme voulu les protĂ©ines recherchĂ©es. Pour PARP1, l’un des candidats a atteint une efficacitĂ© de liaison comparable Ă celle de l’olaparib, un mĂ©dicament dĂ©jĂ utilisĂ© contre certains cancers. Il ne s’agit toutefois pas d’un nouveau mĂ©dicament prĂȘt Ă ĂȘtre administrĂ© : ces molĂ©cules restent des points de dĂ©part pour de nouvelles recherches.
AdaptiveFlow est publiĂ© en accĂšs libre et son code est disponible gratuitement. Les prochaines utilisations pourront donc tester cette approche sur d’autres protĂ©ines et d’autres bibliothĂšques, puis vĂ©rifier en laboratoire si les candidats sĂ©lectionnĂ©s conservent leurs propriĂ©tĂ©s dans des cellules et, plus tard, dans des organismes vivants.
