L’action BNP Paribas a perdu près de 24 % depuis son sommet de début août, dans le sillage de la tension sur la dette française. Le rendement de l’OAT à dix ans a dépassé les 5 % et son écart avec le Bund a franchi les 160 points de base, ce qui a entraîné l’ensemble du secteur bancaire hexagonal.
La banque a pourtant présenté le 28 octobre des chiffres supérieurs aux attentes, avec des revenus en hausse de 9,5 % à 13,76 milliards d’euros et un résultat net de 3,46 milliards d’euros, en progression de 13,5 %. La banque de financement et d’investissement porte l’essentiel de l’élan, avec des activités de marché en hausse de 22 %. Le pôle de banque de détail voit en revanche son résultat avant impôt reculer de 6,5 %, sous l’effet d’un coût du risque en hausse.
Le maintien de la note française par Moody’s a apporté un répit au marché, et le groupe vise un ratio CET1 supérieur à 13 % en fin d’année. Un programme de rachat d’actions de 1,3 milliard d’euros démarre ce 2 novembre. Avec un quart seulement de ses revenus réalisés en France, BNP Paribas reste aussi moins exposée que Société Générale ou Crédit Agricole.
Le titre évolue toujours dans un canal baissier et bute sur sa moyenne mobile à 20 jours, encore orientée vers le bas, autour de 88 euros. Le RSI, remonté à 40, est sorti de la zone de survente. Les volumes, en légère hausse pendant le repli, n’ont montré aucun pic de capitulation.
À moins de 7 fois les bénéfices attendus et environ 0,8 fois l’actif net tangible, la valorisation est attractive, mais mieux vaut attendre que le titre sorte de son canal baissier avant de s’y intéresser. Seul un franchissement des 94,50 euros validerait un retournement, alors qu’un retour vers les 78,90 euros reste possible en cas de nouvelle tension sur les taux.
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