(Actualisation: précisions sur les flux de trésorerie et les
investissements, présentation d’une version révisée de
Gemini 4, éléments de contexte.)
Et si l’essor de l’IA freinait les
traditionnelles recherches sur Internet? Alphabet a fait état
mercredi soir d’une croissance moins soutenue que prévu de ses
revenus publicitaires, compensée seulement en partie par une
nouvelle accélération dans l’informatique
dématérialisée (cloud).
L’action Alphabet chutait de 10% mercredi soir dans les échanges
post clôture en réaction à cette publication.
La maison mère de Google a également vu son bénéfice
net reculer de 25% au trimestre écoulé, à 26,2 milliards
de dollars, soit 2,12 dollars par action, loin des 3,02 dollars par
action attendus par le consensus FactSet.
Ce résultat intègre une charge exceptionnelle de 8,7 milliards
de dollars liée à la valeur des participations détenues
dans d’autres sociétés, des investissements qui étaient
au contraire venus gonfler les bénéfices il y a un an.
Le chiffre d’affaires total du géant Internet américain a
augmenté de 25% au troisième trimestre, à 127,6 milliards
de dollars, manquant de peu le consensus des analystes (128 milliards de
dollars).
Mais l’activité historique centrée sur le moteur de recherche
et sur YouTube n’a clairement pas réussi à atteindre les
attentes du marché: Les revenus issus de la publicité
progressent de 11% à 82 milliards de dollars, contre un consensus
de 83,6 milliards de dollars.
La seule division Google Search voit ainsi sa croissance sur un an
ralentir à 12%, après 17% au deuxième trimestre. Ses
recettes essuient même une légère contraction entre le
deuxième et le troisième trimestre.
+Performance hors norme mais coûteuse dans le cloud+
La bonne nouvelle vient de la division Google Cloud, dont la croissance
a de nouveau accéléré par rapport au trimestre
précédent: ses revenus s’élèvent à 30,7
milliards de dollars, soit plus du double qu’à l’été 2025
(+103%) et largement au-dessus du consensus (28,8 milliards de dollars).
Cette performance « est alimentée par une demande gigantesque pour
notre infrastructure IA et nos solutions IA », a salué le directeur
général Sundar Pichai dans un communiqué.
Cette branche, comparable à AWS chez Amazon, profite à plein
du boom de l’IA en louant des capacités de calcul dans ses centres
de données et en proposant des services d’IA générative.
De son côté, l’application Gemini, le modèle d’IA de
Google, a atteint le milliard d’utilisateurs, ce qui en fait le produit
affichant la plus forte croissance de l’histoire du groupe, selon Sundar
Pichai. Le mois dernier, Google a lancé une version
améliorée de son modèle de pointe, Gemini 4 Argon, qui
doit lui permettre de combler son retard en capacités de
programmation informatique face à ses rivaux OpenAI et Anthropic.
Ce mercredi, le groupe a présenté une mise à jour de ce
modèle, Gemini 4 Carbon, présentée comme plus performante
dans tous les domaines, notamment le codage et le raisonnement
scientifique.
Rattraper le retard pris dans le cloud et dans l’IA ne s’est pas fait au
détriment de la rentabilité, puisque Google Cloud a
dégagé un résultat opérationnel de 11,1 milliards de
dollars ce trimestre, contre 3,6 milliards de dollars un an plus
tôt. Mais le groupe poursuit ses investissements à un rythme
effréné pour alimenter cette croissance: ses dépenses
d’investissement ont accéléré à 51,4 milliards de
dollars, contre 44,9 milliards de dollars au deuxième trimestre, un
chiffre qui constituait déjà un record dans l’histoire du
groupe.
Le coût associé au renforcement de l’infrastructure IA de
Google se reflète également dans sa consommation de
trésorerie: 9,1 milliards de dollars cet été, alors que
les flux de trésorerie disponibles étaient encore positifs de
19,7 milliards de dollars à la même période de 2025. Cet
indicateur est passé dans le rouge au deuxième trimestre de
cette année pour la première fois depuis l’entrée en
Bourse de Google.
En juin, le géant américain avait annoncé sa
première augmentation de capital depuis 2005 en prévoyant
d’émettre pour 85 milliards de dollars d’actions afin de financer
son infrastructure informatique. Le mois suivant, il avait effrayé
les investisseurs en portant son enveloppe annuelle d’investissements
à 200 milliards de dollars en milieu de fourchette, soit 15
milliards de dollars de plus qu’annoncé précédemment.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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