La Banque centrale européenne (BCE) a
décidé jeudi de maintenir inchangés ses taux directeurs,
alors que l’inflation dans la zone euro se renforce sur fond de conflit
au Moyen-Orient et de flambée des prix pétroliers.
Le taux de rémunération des dépôts, le principal
taux directeur de l’institution, reste ainsi à 2,50%. Le taux des
opérations principales de refinancement est toujours à 2,65%
et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,90%.
Après avoir relevé de 25 points de base (0,25 point de
pourcentage) ses taux lors de sa réunion de politique
monétaire de juin dernier, la BCE avait décidé de
temporiser lors de sa réunion de juillet puis de les augmenter de
nouveau de 25 points de base lors de sa réunion de septembre.
Le léger repli observé en juin (à 2,8% contre 3,2% en
mai) aura été un répit de courte durée. Les prix
à la consommation harmonisés dans la zone euro repartent en
effet nettement à la hausse depuis cet été. L’inflation a
d’abord augmenté légèrement à 2,9% sur un an en
juillet, avant de décoller à 3,2% sur un an en août puis
à 3,8% sur un an en septembre, selon les données de l’agence
européenne de la statistique Eurostat. Il s’agit du niveau
d’inflation le plus élevé observé au sein de l’union
monétaire depuis septembre 2023 et la flambée des prix
post-Covid.
Le choc énergétique et pétrolier alimente l’inflation,
alors que les Etats-Unis et l’Iran semblent dans l’incapacité de
trouver des compromis. Le président américain Donald Trump
menacerait d’ailleurs de relancer la guerre après les
élections de mi-mandat de la semaine prochaine, a rapporté le
Wall Street Journal, citant des responsables américains et des
personnes proches du dossier.
« Les prix de l’énergie ont continué d’augmenter, faisant peser
des risques à la hausse sur les perspectives d’inflation et des
risques à la baisse sur les perspectives de croissance. Alors que
les effets du choc énergétique ne se sont pas encore
totalement matérialisés, l’inflation sous-jacente est
restée globalement stable jusqu’à présent et les salaires
n’ont pas encore réagi de manière significative à ce
stade », a estimé la BCE dans un communiqué.
Autre épine dans le pied de la BCE: la situation budgétaire de
la France, dont les déficits dérapent à l’approche d’une
élection présidentielle particulièrement tendue.
C’est dans ce contexte que la présidente de l’institution
monétaire, la Française Christine Lagarde, quittera ses
fonctions en février prochain, alors que son mandat se terminait en
octobre 2027, selon un communiqué publié par la BCE ce jeudi.
« La présidente de la Banque centrale européenne, Christine
Lagarde, a annoncé aujourd’hui au Conseil des gouverneurs et au
président du Conseil européen, António Costa, qu’elle
quitterait ses fonctions le 7 février 2027 », indique sobrement ce
communiqué sans donner les raisons de ce départ anticipé.
Comme à chaque réunion, le conseil des gouverneurs rappelle
qu’il continuera à surveiller les données pour définir,
réunion par réunion, l’orientation appropriée de la
politique monétaire et qu’il ne s’engage pas à l’avance sur
une trajectoire de taux particulière.
La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE aura
lieu les 16 et 17 décembre prochains.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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