L’euro a perdu 2,6 % face au franc suisse depuis son sommet annuel de 0,9486 atteint fin septembre, et se traite aujourd’hui autour de 0,9240. La remontée de l’été, alimentée par l’écart de taux entre la BCE et la BNS, s’est donc brutalement interrompue.
Le retournement vient surtout de Paris. Le taux d’emprunt français à dix ans a dépassé 5 % et son écart avec le taux allemand approche 170 points de base, au plus haut depuis 2011. Les tensions autour du budget 2027 ont relancé la demande de franc suisse comme valeur refuge, alors que le Brent dépasse 110 dollars sur fond de conflit au Moyen-Orient.
L’écart de taux joue pourtant en faveur de l’euro. La BCE a relevé son taux de dépôt à 2,50 % en septembre pour freiner une inflation de 3,8 %, et le marché anticipe une nouvelle hausse en décembre. La BNS maintient au contraire son taux à 0 %, avec une inflation suisse d’environ 1 %. Elle se dit prête à intervenir sur le marché des changes si besoin, mais la faiblesse du franc depuis juin ne l’y oblige pas pour l’instant.
Sur le graphique, la parité est sortie début octobre du canal haussier formé en juin, puis a cassé le seuil des 0,93, qui devient une résistance. Elle évolue désormais dans un canal baissier, sous une moyenne mobile à 20 jours orientée vers le bas. Le RSI, à 37, s’est un peu redressé après un passage près de la zone de survente. Le premier support se situe vers 0,91.
Tant que la parité reste sous 0,93, une baisse vers 0,91 paraît plus probable qu’un rebond durable. La réunion de la BCE du 29 octobre et le vote du budget français seront les prochains tests, avant la décision de décembre sur les taux européens. La Suisse devrait continuer à être recherchée.
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